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Crise d’angoisse…

mars 4, 2010

Contribution d’Emma

Vie de métro… Ou plutôt vie de tramway sur Grenoble (Isère 38).

Longtemps , j’ai été bercé par les transports en commun… j’ai toujours aimé ça , une foule compacte , qui s’observe , qui dort , qui lit, qui pleure , qui rigole , qui s’embrasse… Qui vit!! C’était pour moi très rassurant cette foule là…

Et puis grande curieuse que je suis , j’aimais cette impression d’être dans un laboratoire d’observation!

Alors que j’étais étudiante , j’ai vécu mon plus long voyage en tramway, ma première crise d’angoisse… Elle m’avait prise en amphi sans que je sache d’où elle venait. Elle me prenait là , me surprenait , me faisait peur car je ne contrôlais pas cette vague qui me prenait…J’ai quitté tant bien que mal l’amphi et je me suis dirigée vers le tramway, vers ma solution pour rentrer chez moi! Ma vue était flou et mon souffle rapide…

Dans le Tramway, assise sur mon strapontin, tous les regards étaient tournés vers moi. Je devais être en sueur . Je devais être le tableau typique de l’étudiante qui ne va pas bien. Manque de sommeil , abus de diverses substances, excès en tout genre…

Ce jour là , le trajet m’a semblé très long. Le tram faisait tinter sa cloche à chaque arrêt. Des gens montaient , des gens descendaient… Un flot continuel d’anonyme…Je m’agrippais à mon strapontin, à la barre qui était fixée juste au dessus… J’appuyais ma tête contre la vitre… Le paysage défilait… Les gens continuaient à me regarder. Personne est venu me voir et je ne leur en ai jamais voulu … Leurs regards étaient bienveillants …

C’était la Ligne qui faisait la gare jusqu’à l’université… ligne A ? ligne B? je ne m’en souviens plus…

L’époque Grenobloise est bien loin, et ma crise d’angoisse aussi…

La minute Sourire

février 26, 2010

Gare de l’Est, ligne 4… La sonnerie annonçant la fermeture des portes retentit… Quelques voyageurs arrivent en courant et tentent de retenir  les portes… Ils entrent… Et la porte se referme… Malheureusement sur le sac de voyage d’un des voyageurs.

Commence alors la grande bataille pour extirper le sac… Le métro est immobilisé… Tous se mettent à tirer et réussissent enfin à dégager le sac coincé.

Un long silence s’en suit… Le métro est toujours immobile… Une longue minute… Puis un second signal d’avant départ. Cette fois un petit message l’accompagne…

“Merci de ne pas gêner la fermeture des portes…” Sans doute agacé il rajoute…

“Ensuite vous direz qu’on est stressé dans les transports…”

Éclat de rire dans les rames…

Merci cher Monsieur pour cette jolie boutade!

Incident…

février 23, 2010

Contribution de Didou

Depuis que Dominique m’a forcé à ouvrir les yeux dans les transports en commun, j’en vois des vertes et des rouges…


Vendredi soir, je suis tranquillement installé dans le RER pour aller chercher mon fils.

Le train s’arrête à une station.  Ne redémarre pas. Quelques minutes s’écoulent. Une dizaine…

Je ne suis pas inquiet car je suis suffisamment en avance pour récupérer mon fils. Mais mon capital temps s’amenuise vite… Finalement, le conducteur décide d’informer les passagers qu’il ne repartira pas. Officiellement “accident grave de voyageur”… Tout le monde sort en râlant…

Des policiers commencent à condamner le quai du côté de mon train. Des pompiers accourent, des sirènes hurlent. Mon tempérament de parisien blasé me fait relever un sourcil (le droit — toujours le droit !) : Se passerait-il quelque chose ?  Après de longues minutes perdues à croire inutilement et stupidement à la compétence de la RATP pour informer les voyageurs, je me dirige vers la sortie de la gare pour trouver une solution alternative. Un pompier que j’ai croisé a indiqué que la voie était condamnée pour la soirée. Encourageant…

Près de la sortie du quai, je comprends enfin le problème : “Âmes sensibles s’abstenir !!”

Le problème est tout simplement qu’un pauvre homme est tombé entre le train et le quai, et est coincé entre le marchepied du RER et la bordure du quai. Je ne reste pas à le regarder mais, même s’il ne bouge pas, il doit encore être en vie, sinon pourquoi tant de précautions ?

Devant l’afflux de voyageurs vers le bus qui pouvait retracer la route du RER, je décide de rallier à pied les 2 km 1/2 qui me séparent d’un autre bus qui peut me ramener chez moi.

Dans le froid glacial, je cherche à marcher vite pour me réchauffer. Plus question d’aller chercher mon fils, j’aurais plus d’une heure de retard ! Je joins laborieusement ma femme qui, par chance, peut arriver à temps pour lui.

Arrivé dans le bus visé, je me glisse péniblement à l’intérieur. Il est bondé. On tient debout tout seul, sans s’accrocher, comme des asperges empilées dans un bocal.

Et comble de (mal)chance, un ivrogne sert de portier et accueille chaque nouvel entrant d’une remarque désobligeante. Ambiance électrique.

L’étincelle ne tarde pas. Un homme moins patient que les autres répond à l’alcoolique. Les mots fusent. Les menaces volent. Sans prévenir, l’ivrogne lance un coup de tête sur le nez du voyageur. Rixe. Dans l’encombrement d’un bus bondé. L’ivrogne est jeté sur le trottoir. Le bus referme ses portes devant lui. Et repart.

Compassion, soulagement.

Mais peu de mots, pas de réconfort.

On est à Paris. Les gens ont juste assisté à une sorte de spectacle de rue, passifs.

Je crois que je préférerais encore polluer en voiture que de vivre ça…

La femme soumise

février 5, 2010
Contribution de Didou


Je suis assis dans le RER, à la gare de départ.

Je vois par la fenêtre un couple sur le quai.

La femme suit l’homme.

Arrivés à la limite d’un wagon, l’homme lève la main,  juste la main, à peine plus que le doigt, comme un pisteur indien pendant la guerre d’indépendance américaine. Il s’arrête. La femme immobilise, à deux pas derrière lui.

Par un imperceptible mouvement du doigt, il indique à la femme qu’il a fait son choix. Ils monteront dans le même wagon que moi.

La femme monte la première, se dirige vers sa gauche où elle a vu deux places assises… Mais l’homme est déjà parti à droite.

Je surprends le regard de la femme alors qu’elle fait demi-tour : de la résignation, un brin d’exaspération…

De l’exaspération ?! Il va falloir qu’elle apprenne à tempérer ses émotions ! (heuu…?)

Jamais VU!

décembre 5, 2009

Il est un peu plus de 19h…Ligne 14 châtelet… Que de monde! Nous paraissons tous épuisés  et ensemble nous hâtons nos pas… Pour ma correspondance, je dois grimper quelques marches qui me mèneront sur le quai… À chacun de mes pas, je semble percevoir des cris… Plus je m’approche, plus ils deviennent perceptibles. Une dispute… Une voix d’homme opposée à une voix féminine… Tous les noms d’oiseaux fusent… Par précaution (ou par crainte) je préfère me tenir à bonne distance pour mieux comprendre ce qui se passe… Certains passagers retiennent la jeune femme, tout en essayant de la calmer…

- Calmez-vous… ça n’en vaut pas la peine..! Vous n’allez pas LE disputer?
- Non, non… Ce n’est pas une excuse, il se doit de respecter les autres.

À ce moment là, j’essaie de comprendre, pourquoi ne pas “Le” disputer… s’agirait-il d’une personne âgée, d’un jeune voyou? Mon regard se porte alors sur cette voix d’homme… Un homme… Jeune apparemment… Un détail m’interpelle. Il porte une paire de lunettes noires et tient dans sa main droite une canne, qu’il ne cesse de balancer de gauche à droite… Il est aveugle.

Un pincement m’assaillit… Avant que je n’entendes…

- Salope, salope… Va te faire bip.. bip… Viens que je te casse la gueule…

Oh! Je me dis qu’il n’est pas commode non plus…

Tentative d’approche des deux parties… Séparation.

Je vais te retrouver et te faire la peau. Je vais te tuer! Lance le Monsieur.
- Oui… C’est ça… Faut-il encore que tu me vois! Rétorque la jeune fille.

Jusqu’où irez-vous…

décembre 4, 2009

Pour sauver votre peau???

- Je t’jure mon frère… Prends une carte à l’UMP… T’as pas vu… Ils n’ont même pas eu d’amendes!

Extrait d’une discussion sans complexe plus qu’animée d’une bande de jeunes.

Vol

novembre 12, 2009

Ligne 12… Le métro marque un arrêt … Nous sommes 2, 3 personnes à descendre.. Le signal annonçant la fermeture des portes retentit. Un jeune homme descend  en courant du train, une jeune femme lui coure après en hurlant… “Mon portable, mon portable…”

il arrive à notre hauteur, un des voyageurs à mes côtés se positionne pour l’arrêter… Voyant qu’il ne pourra s’en sortir il lâche le portable. Et prend la fuite en grimpant les marches..

Un i phone. Ouf… J’ai eu très peur. Je n’avais pas encore assisté à ce genre de vol.

Chapeau bas mademoiselle… Vous vous êtes pas dégonflée. Au prix du téléphone, je vous comprends!

Perdue

novembre 10, 2009

Gare de Lyon 20h03… Je  descends d’une ligne de métro, je veux faire vite en prenant le RER. Je ne m’y connais que très peu. Dans cette foule je cherche mon chemin… Désespérément  j’essaie d’interpeller les passants “Excusez moi… S’il vous plaît, pourriez-vous…” Personne ne me laisse terminer ma phrase, tous secouent  la tête pour me dire “Non”… “Désolé”…

Je me sens bien seule avec autant de monde. Leur indifférence m’écœure.

S’il y avait eu une bombe. Personne ne m’aurait entendu, nous serions mort ensemble.

Il pleure

septembre 30, 2009

Ligne 4… Mon regard se perd sur le quai d’en face…

Un homme, un grand homme noir regarde fixement les rails… Ces yeux sont remplis de larmes, il pleure… Mon cœur se pince, je me lève, tente de lui faire un signe au travers la vitrine… Mon train repart.

Je ne serais jamais pourquoi il semblait si triste. Je lui souhaite que sa peine se meurt dans ces larmes.

Un couple

septembre 27, 2009

Ligne 14, 19h12… Sur le quai un jeune couple s’embrasse…

Une histoire de vie banale me direz-vous… À la différence que la position de leur corps  pourrait autoriser un jeune garnement à passer entre eux, sans qu’il ne décroche de leur baiser. Tandis que leur bouches fusionnent, leur corps semblent s’échapper. Ce baiser à quelque chose d’extraordinaire. Il est pudique.

Nous sommes nombreux à sourire face à ce tableau.

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