Incident…
Contribution de Didou
Depuis que Dominique m’a forcé à ouvrir les yeux dans les transports en commun, j’en vois des vertes et des rouges…
Vendredi soir, je suis tranquillement installé dans le RER pour aller chercher mon fils.
Le train s’arrête à une station. Ne redémarre pas. Quelques minutes s’écoulent. Une dizaine…
Je ne suis pas inquiet car je suis suffisamment en avance pour récupérer mon fils. Mais mon capital temps s’amenuise vite… Finalement, le conducteur décide d’informer les passagers qu’il ne repartira pas. Officiellement “accident grave de voyageur”… Tout le monde sort en râlant…
Des policiers commencent à condamner le quai du côté de mon train. Des pompiers accourent, des sirènes hurlent. Mon tempérament de parisien blasé me fait relever un sourcil (le droit — toujours le droit !) : Se passerait-il quelque chose ? Après de longues minutes perdues à croire inutilement et stupidement à la compétence de la RATP pour informer les voyageurs, je me dirige vers la sortie de la gare pour trouver une solution alternative. Un pompier que j’ai croisé a indiqué que la voie était condamnée pour la soirée. Encourageant…
Près de la sortie du quai, je comprends enfin le problème : “Âmes sensibles s’abstenir !!”
Le problème est tout simplement qu’un pauvre homme est tombé entre le train et le quai, et est coincé entre le marchepied du RER et la bordure du quai. Je ne reste pas à le regarder mais, même s’il ne bouge pas, il doit encore être en vie, sinon pourquoi tant de précautions ?
Devant l’afflux de voyageurs vers le bus qui pouvait retracer la route du RER, je décide de rallier à pied les 2 km 1/2 qui me séparent d’un autre bus qui peut me ramener chez moi.
Dans le froid glacial, je cherche à marcher vite pour me réchauffer. Plus question d’aller chercher mon fils, j’aurais plus d’une heure de retard ! Je joins laborieusement ma femme qui, par chance, peut arriver à temps pour lui.
Arrivé dans le bus visé, je me glisse péniblement à l’intérieur. Il est bondé. On tient debout tout seul, sans s’accrocher, comme des asperges empilées dans un bocal.
Et comble de (mal)chance, un ivrogne sert de portier et accueille chaque nouvel entrant d’une remarque désobligeante. Ambiance électrique.
L’étincelle ne tarde pas. Un homme moins patient que les autres répond à l’alcoolique. Les mots fusent. Les menaces volent. Sans prévenir, l’ivrogne lance un coup de tête sur le nez du voyageur. Rixe. Dans l’encombrement d’un bus bondé. L’ivrogne est jeté sur le trottoir. Le bus referme ses portes devant lui. Et repart.
Compassion, soulagement.
Mais peu de mots, pas de réconfort.
On est à Paris. Les gens ont juste assisté à une sorte de spectacle de rue, passifs.
Je crois que je préférerais encore polluer en voiture que de vivre ça…
ah!!! j’allais faire un texte du même genre… un peu différent ,un peu grenoblois…
quand on vient en vacances à Paris, je trouve les gens pas forcément si individualiste que vous le dîtes… ils nous renseignent si on a besoin… en revanche , oui, on les sent fatigués ,vite excedés , et si perdus dans leur quotidien qu’un accident grave de la vie ne les fait plus réagir… hé oh , y a quelqu’un qui est en train de mourir là! euh… ne comptez pas votre temps comme des sabliers!
et didou, arrête de nous parler de ta voiture ,hein!!!!!
sinon tu vas voir ce que je vais lui faire à ta voiture !!!!
J’avoue que la chute ne me plait pas trop…
Mais je n’ai rien trouvé de mieux, sur le moment (c’est pas comme la chute du billet précédent, qui a même réussi à faire réagir le webmaster (pas de nom ici ?) – le “Heuu”… n’était pas de moi)
Et puis quand on nous pose la question, avec l’air fatigué, ahuri, déboussolé d’un “provincial” :
- Ch’est par où la Tour Eiffel ?
On est obligé de répondre jovialement (seule manière pour ne pas éclater de rire au nez des touristes)…
oui oui et puis les sabots plein de pailles… ah ah très drôle le didou!!!
tu vas voir comme tu feras le malin quand je viendrais t’attendre devant TA voiture !
et tu sais le parisien ici a l’air aussi débile…