Crise d’angoisse…
Contribution d’Emma
Vie de métro… Ou plutôt vie de tramway sur Grenoble (Isère 38).
Longtemps , j’ai été bercé par les transports en commun… j’ai toujours aimé ça , une foule compacte , qui s’observe , qui dort , qui lit, qui pleure , qui rigole , qui s’embrasse… Qui vit!! C’était pour moi très rassurant cette foule là…
Et puis grande curieuse que je suis , j’aimais cette impression d’être dans un laboratoire d’observation!
Alors que j’étais étudiante , j’ai vécu mon plus long voyage en tramway, ma première crise d’angoisse… Elle m’avait prise en amphi sans que je sache d’où elle venait. Elle me prenait là , me surprenait , me faisait peur car je ne contrôlais pas cette vague qui me prenait…J’ai quitté tant bien que mal l’amphi et je me suis dirigée vers le tramway, vers ma solution pour rentrer chez moi! Ma vue était flou et mon souffle rapide…
Dans le Tramway, assise sur mon strapontin, tous les regards étaient tournés vers moi. Je devais être en sueur . Je devais être le tableau typique de l’étudiante qui ne va pas bien. Manque de sommeil , abus de diverses substances, excès en tout genre…
Ce jour là , le trajet m’a semblé très long. Le tram faisait tinter sa cloche à chaque arrêt. Des gens montaient , des gens descendaient… Un flot continuel d’anonyme…Je m’agrippais à mon strapontin, à la barre qui était fixée juste au dessus… J’appuyais ma tête contre la vitre… Le paysage défilait… Les gens continuaient à me regarder. Personne est venu me voir et je ne leur en ai jamais voulu … Leurs regards étaient bienveillants …
C’était la Ligne qui faisait la gare jusqu’à l’université… ligne A ? ligne B? je ne m’en souviens plus…
L’époque Grenobloise est bien loin, et ma crise d’angoisse aussi…
Mais peut-être que même si quelqu’un était venu s’enquérir de ton état, tu l’aurais vécu comme une agression et tu te serais encore plus renfermée…
C’est terrible de vivre des instants comme ça, des moments où tu n’as pas d’autre repères que cette barre en inox à laquelle tu étais accrochée…
Depuis, j’espère que tu as vraiment arrêté les… fraises tagada ?
oui oui tu as raison, dans ce moment là , je n’avais pas envie qu’on vienne me voir car je ne comprenais pas ce qui se passait …c’est après que j’ai compris que c’était de l’angoisse!
…ah ces étudiants, que des bêtises!!!
quand au fraises tagada…euh.. t’es pas si loin que ça ,tu sais… bon c’était pas des fraises mais un autre truc qui ne me convenait pas
ligne B, c’est certain